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Se rétablir d’une épicondylite du coude, c’est possible!


Épicondylite du coude

L’épicondylite du coude, aussi connue sous le nom de “tennis elbow”, est une tendinopathie (tendinopathie: blessure au tendon) fréquemment rencontrée. En effet, 3% de la population auront un épisode d’épicondylite dans leur vie. Chez ceux qui pratiquent un sport de raquette comme le tennis ou le badminton, c’est même 50%. Elle touche particulièrement les gens de 30 à 50 ans.

Cette pathologie est caractérisée par une douleur à la face latérale (externe) du coude et qui est très incommodante dans les activités du quotidien. Une épicondylite peut devenir chronique si elle n’est pas prise en charge rapidement et adéquatement.

L’épicondylite du coude: c’est quoi?

L’épicondylite est une pathologie affectant un ou plusieurs des tendons reliant les muscles extenseurs du poignet à l’épicondyle latéral du coude. L’épicondyle latéral du coude est un petit relief osseux de l’humérus (os du bras), situé au-dessus de l’articulation du coude et à la face externe du bras. Le(s) tendon(s) atteint(s) présente(nt) de la douleur en raison d’un changement (volume, intensité, technique), d’une charge inadéquate imposée, d’un mouvement répétitif ou encore en raison d’une mauvaise posture/ergonomie. La douleur peut parfois progresser au niveau de l’avant-bras.



Quels-sont les symptômes d’une épicondylite du coude?

Le symptôme numéro un d’une épicondylite est certainement la douleur à la face latérale de votre coude. Outre la douleur, il est fréquent que les personnes souffrant d’une épicondylite présentent une diminution de force au niveau de la main et/ou du poignet. Dans la vie de tous les jours, ces personnes ont donc de la difficulté à certaines activités manuelles comme soulever leur tasse de café ou encore pour ouvrir des pots, par exemple.

Épicondylite du coude: Comment la reconnaître?

Les indices clés d’une épicondylite du coude, que votre physiothérapeute évaluera, sont:

  • Douleur localisée (sur une surface pas plus grande qu’une pièce de 2$) à la face latérale du coude;
  • Douleur qui est reproduite à la contraction musculaire des muscles relié au(x) tendon(s) blessé(s) (exemple: lors de la préhension de la main, lors du soulèvement d’une charge ou lors du mouvement d’ouvrir une poignée de porte et/ou de visser avec un tournevis);
  • Douleur à la palpation directe du tendon blessé à la face latérale de votre coude près et/ou sur son point d’attache sur l’épicondyle latérale. 

Épicondylite du coude: Et si c’était autre chose ?

Une douleur à la face latérale du coude n’est pas toujours une épicondylite!

Voici quelques autres possibilités de pathologies qui peuvent donner une douleur à la face latérale du coude et qui peuvent même mimer une épicondylite:

  • La cervico-brachialgie: votre cou peut référer une douleur à la face latérale de votre coude via les nerfs qui originent de la région cervicale et qui descendent dans votre bras. Des indices qui devraient vous faire suspecter votre cou sont:  Si vous avez une cervicalgie associée à votre douleur de coude et/ou si vous avez des paresthésies qui accompagnent votre douleur.
  • L’arthrose: si vous avez plus de 60 ans, que vous avez de l’arthrose importante à d’autres articulations de votre corps, que vous avez déjà subi une fracture à votre coude dans le passé et/ou que vous avez des raideurs matinales significatives à votre coude… Alors la suspicion augmente que ce soit l’arthrose qui est la source de votre douleur à la face latérale du coude.
  • Une synovite articulaire et/ou une fracture de stress: si votre enfant de moins de 16 ans se plaint d’une douleur face latérale du coude, les chances que ce soit une épicondylite sont très minces. À cet âge, il e

    st alors important d’investiguer (ex: avec une imagerie médicale) car les pathologies les plus fréquentes au coude chez un jeune sont la synovite articulaire et/ou une fracture de stress. On retrouve ce type de blessures chez les enfants qui pratiquent des sports de lancer (typiquement au baseball) et les causes sont un mauvais dosage (ex: trop de volume de lancer) et/ou un mauvais geste technique.

Il est important de faire évaluer votre douleur de coude par votre physiothérapeute, afin qu’il précise la source de votre douleur et ainsi il vous donnera le bon traitement pour votre condition.

Comment se développe l’épicondylite du coude?

Voici différentes causes qui pourraient expliquer le développement d’une épicondylite au coude :

  • modification de l’intensité ou du volume d’entraînement et/ou de travail;
  • modification de la technique d’un geste;
  • changement d’équipement;
  • occupation d’un nouveau travail ou poste de travail;
  • poste de travail non-ergonomique

Tous “changements” dans les activités sportives ou de la vie quotidienne sont propices au développement des épicondylites du coude. Lorsqu’on parle de “changements”, cela peut être dans le dosage (volume et/ou intensité), dans le geste technique et/ou de la posture. Il est à noter qu’une dysfonction mécanique (cervicale ou au coude ou au poignet) peut également contribuer au développement d’une épicondylite du coude.



Épicondylite du coude

Épicondylite du coude: Prévention

Si on se réfère au paragraphe précédent, vous aurez compris qu’un facteur de risque important d’une épicondylite est le “changement”. Pour prévenir une épicondylite, il faut donc apporter les “changements”/les modifications de façon graduelle. La clé est d’adapter vos tendons (il faut les préparer à la nouveauté qu’ils devront subir: intensité, volume, geste technique). Il faut y aller progressivement et éviter le trop, trop vite. Le dosage est donc la clé dans la prévention d’une épicondylite. 

Quels sont les principaux traitements d’une épicondylite du coude?

Premièrement, il est important d’identifier la cause de l’apparition de l’épicondylite du coude et de la corriger, afin de favoriser la guérison et d’éviter les récidives. Le physiothérapeute vous aidera à identifier le changement et/ou le geste technique et/ou la posture qui sont problématiques. Il évaluera aussi la source de votre douleur latérale au coude, car celle-ci n’est pas toujours une épicondylite, et adaptera pour vous un plan de traitement selon vos objectifs.

Le plan de traitement pour une épicondylite variera d’une personne à l’autre, selon votre condition de santé, la cause qui a été identifiée et selon vos besoins. 

Au début, suite à l’apparition de votre douleur de coude, il est important d’avoir une période de repos relatif (quelques jours où vous devez diminuer les gestes, les activités et les postures qui reproduisent votre douleur).

Ensuite, une rencontre avec votre physiothérapeute est importante, afin qu’il vous donne les conseils et exercices nécessaires (quoi faire, quoi ne pas faire, comment le faire, etc). Le physiothérapeute peut également utiliser certaines techniques complémentaires de traitement pour votre épicondylite qui aideront à diminuer plus rapidement votre douleur et amélioreront votre qualité de vie (thérapie manuelle, aiguilles sèches, onde de choc radiale, taping, orthèse)

Le rôle clé de votre physiothérapeute dans le traitement de l’épicondylite est de bien identifier la cause de votre douleur latérale au coude, de vous donner les bons conseils et exercices pour guérir votre/vos tendons… Et de vous enseigner l’importance du concept de quantification du stress mécanique (i.e. l’importance d’y aller graduellement et de bien doser !) 

Les exercices de renforcement seront essentiels dans le plan de traitement, afin de redonner à votre/vos tendon(s) leur force, leur endurance et ainsi les adapter/les préparer à reprendre vos sports et vos activités. Le risque de récidives sera alors grandement diminué.

Comme pour tout type de tendinite/tendinopathie, l’épicondylite ne guérit pas toujours du jour au lendemain, à noter que 20% des gens développent une douleur persistante de plus de 3 mois. Il est normal, dans un cas d’épicondylite, de prévoir quelques mois avant que le problème soit totalement réglé… Un minimum de patience est donc de mise ! 

Épicondylite du coude: Chaud ou froid?

Le chaud ou le froid sont surtout des modalités anti-douleur (analgésiques) temporaires (de courte durée). Il n’y a pas de contre-indication à utiliser l’un ou l’autre dans le cas d’une épicondylite du coude. Habituellement, surtout dans les premiers jours suite à l’apparition de la douleur, l’utilisation de la glace soulage davantage. Ensuite, après la première semaine, la chaleur peut avoir un effet analgésique et produire un effet de relaxation musculaire. À noter que l’utilisation du froid et/ou du chaud ne sont pas du tout essentiels à la guérison de votre épicondylite.

Est-ce que les injections sont indiquées pour une épicondylite du coude?

Les injections de corticostéroïdes ne sont pas recommandées pour une épicondylite du coude. En effet, les études ont démontré que l’injection de corticostéroïdes donne un soulagement à court terme (4-6 semaines), mais que par la suite, les bénéfices diminuent et les risques de récidives sont très significativement augmentés ! Donc l’injection de corticostéroïdes n’est pas recommandée, surtout lorsqu’on sait que les études démontrent qu’une approche de traitement en physiothérapie (conseils, exercices, thérapie manuelle, aiguilles sèches) donne des résultats supérieurs à l’injection de corticostéroïdes à moyen et long terme… En plus de diminuer vos chances de récidives.

Pour conclure, oui, il est certainement possible de guérir d’une épicondylite du coude, même s’il faut parfois s’armer d’un peu de patience.

Consultez un professionnel de PCN dès l’apparition des premiers symptômes!

Sources:

1.Bisset, L., Beller, E., Jull, G., Brooks, P., Darnell, R., Vicenzino, B. (2006). Mobilisation with movement and exercise, corticosteroid injection, or wait and see for tennis elbow: randomised trial. BMJ, 10.1136/bmj.38961.584653.AE.

2. Coombes, B., Bisset, L., Brooks, P., Khan, A., Vicenzino, B. (2013). Effet of corticostreroid injection, physiotherapy, or both  on clinical outcomes in patients with unilatéral epicondylalgia. American Medical Association, 309(5).

3.Dumusc, A., Zufferey, P. (2015). Tendinopathies du coude. Revue Médicale Suisse, 591(5).


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